Friday 21st January 2022,
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Maisons de naissance : interruption du projet

Maisonsnaissance_1 Le Monde nous apprend que le projet de maisons de naissance est interrompu. De nombreuses personnes qui se sont fortement impliquées dans ces projets doivent ressentir une grosse déception.

Qu’est-ce qu’une maison de naissance ? C’est un lieu où la grossesse, la naissance et le post-partum sont suivis uniquement par des sages-femmes. Il est indépendant de l’hôpital ou de la clinique et peut s’en trouver géographiquement éloigné. Il en existe dans plusieurs pays dont les USA, le Canada, etc…

Maisonsnaissance_2Personnellement, je suis tout à fait pour une plus grande humanisation de la naissance. Nous avons trop longtemps sur-médicalisé cet instant fondamental. Beaucoup de parents se sont plaints de ne pas avoir affaire aux mêmes personnes que durant la grossesse, voire d’un personnel un peu distant. Bref, l’accouchement devenait un geste technique et non plus un événement bouleversant.

J’ai eu la chance d’avoir mes deux enfants en clinique privée avec la même gynéco qui m’avait suivie tout au long de la grossesse. Je connaissais déjà le personnel qui s’est montré très chaleureux, c’était très, très agréable. Quand j’entends le témoignage de certaines de mes amies en hôpital public, je ne peux qu’appuyer ces projets de naissances (ré)humanisées.

Toutefois, si l’on a fermé de nombreuses petites maternités, c’est autant pour réduire les coûts que pour offrir une plus grande sécurité à la mère et à l’enfant. Les partisans des maisons de naissance disent qu’ils n’y traiteront que des accouchement eutociques (qui se déroulent naturellement). Il est impossible de prévoir ce qui va se passer lors d’un accouchement. Eloigner la naissance de l’équipement médical, c’est faire courir un risque énorme à la mère et au bébé !

Tout comme les professeurs Lansac et Carbonne, respectivement président et secrétaire général du Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français, je pense qu’il serait préférable de concevoir un espace au sein des maternités qui reprendrait les avantages de la maison de naissance tout en conservant la proximité et la sécurité des médecins spécialistes et des équipements.
Lire leur message.

Lire aussi : Safe-femme, un métier attachant
Le forceps, un recours bien maîtrisé aujourd’hui
Post-partum : pourquoi pas une doula ?

Photos : Kerrynd & mmagallan – Stock Xchng

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8 commentaires

  1. Antoine juillet 23, 2007 à 8:43

    Excellent billet.
    En dehors des réticences des obstétriciens, la limitation des budgets hospitaliers explique la décision de Roselyne Bachelot.
    Dans les années 80, il y a eu au sein de l’hopital public des structures de ce type. Elles ont été fermées pour cause de coût trop élévé.

  2. Lila Rozé juillet 24, 2007 à 2:28

    Bonjour Antoine,
    Merci pour ce commentaire. Les coûts grimperaient vite effectivement en créant de nouvelles structures.
    Il faudrait voir peut-être avec des doulas, la ré-humanisation des soins est aussi une façon d’économiser, indirecte mais bien réelle. :)

  3. GUILLAUME août 3, 2007 à 10:11

    j’aimerais réagir sur le sujet des maisons de naissance.
    Ces structures, à long terme, coûteraient moins chères à la société, car moins d’actes médicalisés, pas d’honoraires de médecins, moins d’intervenants et d’interventions…
    J’ai personnellement subi l’hyper-médicalisation lors de la naissance de mes jumeaux, où le médico-légal a envahi tout l’espace. Encore que j’ai obtenu à l’issue de longs mois de bataille le droit d’accoucher par voies basses et non par césarienne comme tout le corps médical le voulait pour se protéger au cas où.
    Il me semble que le problème est presque philosophique. On recherche le risque zéro ; or c’est illusoire. Et au prétexte de sécuriser au maximum la naissance, cela entraîne des gestes médicaux néfastes pour l’enfant et la mère, mais combien lucratifs pour les maternités!
    Pour mon prochain enfant, s’il y a une maison de naissance près de chez moi je m’y rendrai. Sinon, ce sera chez moi. Hors de question (dans le cadre d’une grossesse normale) de retourner dans une structure qui impose le monito en continu, la position sur le dos, l’ocytocine, la perfusion, interdit de boire, où il faut se battre pour déambuler, qui en permet pas d’accoucher dans la position qui convient le mieux à la maman, et qui prend le bébé pour le peser et lui faire des tas de tests qui pourraient bien attendre le lendemain.
    Mon récit de naissance figure sur le portail naissance, http://www.naissance.ws, rubrique récits de naissances, naissance de Nora et Jean.
    Pour que les détracteurs des maisons de naissance ou les pro médicalisation se rendent compte de la souffrance que cela peut entraîner.
    MArion

  4. Lila Rozé août 6, 2007 à 10:43

    Bonjour Guillaume,
    Je suis d’accord avec vous qu’il faut absolument ré-humaniser la naissance et laisser un peu la technique de coté. Mais, comme je le disais, même si tout parait bien se présenter, on n’est jamais à l’abri d’un mauvais imprévu. L’accouchement à la maison présente des risques qu’il faut prendre en compte.

  5. Cilou août 7, 2007 à 2:34

    Comme le disait une jeune femme, il y a des risques à domicile, il y a des risques à l’hôpital, mais ce ne sont pas les mêmes.
    Vous commencez en citant des pays où existent des MdN. Les points de suspension indiquent bien le ton du reste de l’article : vous les considérez comme nulles et non avenues. Reprenons, les MdN ou l’AAD comme pratiques reconnues au niveau médical et politique existent en Allemagne, Hollande, Angleterre, Suède, et Canada. Considérez-vous que les médecins et décideurs de ces pays sont donc des fous inconscients qui laissent faire et même encouragent des pratiques dangereuses ? Pourtant ce sont des pays fort civilisés, industrialisés, dont les résultats périnataux en termes de mortalité et morbidité lourde sont plutôt meilleurs que les notres. Etonnant non ?
    D’après les études sur les MdN, il est fondamental que le parténariat avec un hôpital soit bien coordonné. La distance ne ressort pas comme un facteur de risque. Ce qui est un facteur de risque c’est lorsque l’hôpital se fait tirer l’oreille pour assurer les transferts. En pratique, les complications nécéssitant une intervention chirurgicale extrèmement urgente sont rarissimes. Dans ces cas-là on meure aussi à l’hôpital d’ailleurs, car une sage-femme surveillant 4 ou 5 accouchement en même temps depuis des écrans de contrôle peut très bien ne pas le voir à temps. A l’inverse en MdN et à la maison la sage-femme ne surveille que un accouchement et en permanence. Pour la grande majorité des complications, si la MdN et l’hôpital sont bien coordonnés, cela ne prend pas plus de temps de faire le transfert depuis la MdN car de toute façon l’équipe chirurgicale a besoin de typiquement 30mn pour être prête. Par contre, les taux de césarienne, forceps, épisiotomie, sont nettement plus faibles en MdN et surtout à domicile que à l’hôpital, pour des grossesses dites à bas risque.
    C’est bien connu, il suffit de passer la porte de l’hôpital pour se sentir malade alors qu’on était bien portant … L’hôpital est un lieu pour soigner les gens malades, donc des gens affaiblis en état de dépendance partielle ou totale. Accoucher à l’hôpital, c’est forcément se mettre en état de passivité, par définition du lieu et des méthodes médicales. Les salles natures qui sont insérées dans l’enceinte de l’hôpital ont un taux d’échec très élévé, à cause de cet effet psychologique, mais aussi parce que “la règle du jeu” n’est pas respectée. Les SF passent du bloc classique à la salle nature, autrement dit elles ne parviennent pas à réaliser en 2mn toutes les 30mn l’exercice mental les faisant passer du traitement médicalisé au suivi physiologique. Personne n’y arriverait d’ailleurs. La SF ne reste pas en permanence auprès de la femme en couche, la position allongée est imposée pour les monitorings (protection médico-légale), et puis même déguisée en salle nature avec baignoire, ca ressemble bel et bien à une chambre d’hôpital.
    Finalement, je pense qu’il existe un droit fondamental qui n’est pas respecté en France, celui du libre choix. Si des femmes souhaitent accoucher en niveau III avec toute l’hypermédicalisation possible, elles le peuvent. Mais si une femme veut accoucher aussi spontanément que possible sans rien d’autre qu’une surveillance discrète, elle n’en a pas la possibilité. En France on est quasi obligée d’accoucher en maternité médicalisé, et obligée de se plier aux protocoles du lieu, qu’ils soient fondés sur des preuves ou pas, et bien souvent au plus grand mépris de la loi Kouchner. Mais c’est vrai qu’une femme accoucherait la tête en bas les pieds pendus au plafond si on lui disait que c’est pour sauver son bébé …

  6. Lila Rozé août 7, 2007 à 2:55

    Bonjour Cilou,
    Merci de votre commentaire.
    “Vous commencez en citant des pays où existent des MdN. Les points de suspension indiquent bien le ton du reste de l’article ”
    Vous me prêtez des intentions que je n’ai pas. Vous l’ignorez visiblement, les points de suspension sont une règle typographique qui veut qu’on fasse suivre une énumération abrégée d’un “etc” de points de suspension.
    De plus, tout au long de mon billet, je ne cesse de plaider pour une ré-humanisation de la naissance.
    Je vous plains de vous sentir malade lorsque vous franchissez la porte d’un hôpital. Personnellement, je suis au contraire très rassurée lorsque je rends visite à des amis hospitalisés de les voir pris en charge par des gens compétents.
    Vous parlez des hôpitaux comme s’ils étaient tous la copie exacte les uns des autres. C’est bien loin d’être le cas. Je vous invite à visiter plusieurs hôpitaux afin d’en percevoir leur grande disparité.
    S’il est vrai que de nombreux services de maternité ressemblent à du travail à la chaîne, de nombreux autres ont fait d’énormes efforts afin de permettre, par exemple, la déambulation sous péridurale légère, des techniques d’accompagnement diverses, etc…
    Avant de critiquer l’hôpital, il serait mieux d’en voir les efforts.
    La médecine française, quoi qu’on en dise, est d’excellente qualité. Ce n’est pas un hasard, c’est le fruit de dizaines d’années de travail où tout n’a pas été parfait, c’est vrai, mais le résultat est vraiment bon. Faut-il tout casser sous prétexte qu’on fait autrement ailleurs ?

  7. Cilou août 8, 2007 à 5:48

    Vous travaillez dans le monde médical ?
    J’aurais du lire votre blog plus loin avant de poster un commentaire. Je vois que vous écrivez que le forceps est un geste banal qui ne présente pas de risque particulier. Quand on lit les études on voit pourtant clairement que les forceps augmentent le risque de déchirure grave du périnée. Ils ne sont pas sans danger non plus pour le crane du bébé. En général l’utilisation de la ventouse est moins traumatique.
    Qui êtes-vous pour écrire de telles affirmations sur un blog public sans donner aucune source médicale pour appuyer vos dires et en restant anonyme de surcroit ?
    Cécile Loup,
    Pr. de l’AFAR (http://afar.info)
    Voir notre banque de données si il vous vient l’idée que vous devriez citer des études médicales quand vous affirmez quelque chose.

  8. Lila Rozé août 8, 2007 à 5:58

    Vous avez un avis, je le respecte. Je vous invite à en faire de même avec l’avis de vos confrères. Mon billet est basé sur leurs publications. Si vous êtes en désaccord avec eux, faites-le leur savoir mais ne me demandez pas de régler vos conflits.

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